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LES HISTOIRES DU CHEMIN DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
LBienvenue dans les Histoires du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle
Raconter l’histoire du Chemin de Saint-Jacques de Compostelle, c’est accepter dès le départ qu’on ne pourra jamais tout à fait démêler l’Histoire de la légende.
Depuis plus de mille ans, des millions de femmes et d’hommes ont emprunté ces chemins. Pèlerins, marchands, religieux, chevaliers, vagabonds, rois ou simples voyageurs les ont parcourus, chacun laissant derrière lui une trace, un récit, parfois un écrit… et souvent simplement une histoire transmise de génération en génération.
Nous essaierons donc d’être aussi précis que possible, en nous appuyant sur les faits historiques, les textes anciens et les connaissances dont nous disposons aujourd’hui. Mais il serait illusoire de prétendre être certains de tout. Le Chemin est trop ancien, trop vaste et a vu passer trop de monde pour que chacune de ses histoires puisse être attestée avec certitude.
Et c’est peut-être justement ce qui le rend si fascinant.
Dans cette rubrique, nous prendrons donc la liberté d’alterner faits historiques, anecdotes, traditions et légendes. Nous rencontrerons des saints et des brigands, des évêques et des pèlerins, des rois, des bâtisseurs, des hospitaliers et quelques personnages dont nous ne saurons jamais vraiment s’ils ont existé.
Un peu comme dans un roman, nous suivrons le fil de l’Histoire sans toujours savoir exactement où s’arrête la réalité et où commence la légende.
Car depuis plus de mille ans, le Chemin ne se contente pas d’être parcouru.
Il se raconte.
Chapitre I — L’étoile qui montra le chemin
Galice, au début du IXᵉ siècle.
À cette époque, il n’existe ni flèches jaunes, ni coquilles accrochées aux sacs, ni foule de pèlerins marchant vers Compostelle.
Il n’y a que des forêts, quelques villages… et des chemins.
La légende raconte qu’un ermite nommé Pélage aperçoit, plusieurs nuits de suite, d’étranges lumières dans le ciel. Elles semblent toujours désigner le même endroit.
Intrigué, il prévient Théodomir, évêque d’Iria Flavia.
On fouille.
Un ancien tombeau apparaît.
À l’intérieur, des ossements que l’évêque identifie comme ceux de Jacques le Majeur, l’un des apôtres de Jésus.
Mais immédiatement, une question se pose : comment le corps d’un homme mort à Jérusalem près de huit siècles auparavant aurait-il pu se retrouver en Galice ?
C’est ici que l’Histoire rencontre la légende.
Une mystérieuse traversée
Selon la tradition, après la mort de Jacques à Jérusalem, ses disciples auraient placé son corps dans une embarcation qui aurait miraculeusement rejoint les côtes de Galice.
Ils l’auraient enterré avant que l’emplacement du tombeau ne soit progressivement oublié.
Jusqu’aux mystérieuses lumières aperçues par Pélage…
La nouvelle de la découverte parvient bientôt au roi des Asturies, Alphonse II. Il se rend sur place et fait construire une première église au-dessus du tombeau.
Il est traditionnellement considéré comme le premier pèlerin de Compostelle.
D’autres vont bientôt suivre.
Puis d’autres encore.
Au fil des siècles, des chemins se dessinent à travers l’Europe, des ponts sont construits, des monastères accueillent les voyageurs et des villes deviennent des étapes incontournables.
Parmi elles, bien plus loin sur le chemin : Cahors.
L’histoire du Chemin de Saint-Jacques vient de commencer.
La part d’Histoire
Jacques le Majeur appartient bien aux premiers disciples de Jésus et sa mort est mentionnée dans les Actes des Apôtres. Un tombeau attribué à saint Jacques est découvert en Galice au IXᵉ siècle et Alphonse II joue un rôle majeur dans la naissance du sanctuaire.
En revanche, rien ne permet d’établir avec certitude que les ossements découverts étaient réellement ceux de l’apôtre.
La part de légende
Les lumières aperçues par Pélage, les étoiles indiquant le tombeau et le voyage miraculeux du corps de Jacques jusqu’en Galice appartiennent à la tradition.
Mais après tout, c’est aussi cela, le Chemin : un peu d’Histoire, beaucoup d’histoires et quelques mystères que mille ans n’ont toujours pas réussi à éclaircir.
À suivre : Chapitre II — Jacques, l’homme avant le saint.
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